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 sécurité dans le Golfe

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المساهمات : 67
تاريخ التسجيل : 15/04/2010
العمر : 28

مُساهمةموضوع: sécurité dans le Golfe   الثلاثاء مايو 11, 2010 8:05 am

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Commentaire N° 10 : Problèmes de sécurité dans le Golfe - après la guerre

Dr. W. Millward

Juin 1991
Non classifié

Précis : Avec la fin de la guerre du Golfe, quelles nouvelles mesures stratégiques peuvent être prises pour empêcher la répétition des récentes hostilités dans la région? Juin 1991. Auteur : M. W. Millward.

Note du rédacteur : Ce numéro de « Commentaire » fait rédigé par le Dr. W. Millward, analyste stratégique du Proche Orient au sein de la Direction de l'analyse et de la production (EAP) du SCRS.

Avertissement : Le fait qu'un article soit publié dans Commentaire ne signifie pas que le SCRS a confirmé l'authenticité des informations qui y sont contenues ni qu'il appuie les opinions de l'auteur.


La crise du Golfe de 1990 et son dénouement spectaculaire en mars 1991 ont, dit-on, modifié les forces politiques et stratégiques, sinon la carte, du Moyen-Orient. Un état de guerre intensive, même de courte durée, permet habituellement de clarifier les jeux et de préparer la voie pour l'établissement de nouveaux plans stratégiques et une nouvelle organisation de la sécurité. Une fois la souveraineté du Koweït rétablie, l'Irak sous le coup d'une grave défaite et la guerre transformée en de durs combats internes, nombre des participants aux opérations Bouclier et Tempête du désert, et d'autres observateurs plus neutres se sont demandé quelles nouvelles dispositions stratégiques pouvaient être mises en place dans la région pour empêcher la répétition des récentes hostilités ou l'éclatement d'autres conflits.

En gros, quatre mois se sont écoulés depuis que la seconde guerre du Golfe a pris fin et, du point de vue de la sécurité, la situation dans la région est encore indécise et imprévisible. La plupart des forces de la coalition qui avaient été déployées pour répondre au défi irakien ont été rapatriées. Tous les principaux belligérants, du moins du côté de la coalition, acceptent que soient pris de nouveaux arrangements et conclus de nouveaux accords pour parer aux menaces et aux provocations qui peuvent nuire à la sécurité future de la région. Mais d'où, à leur avis, ces menaces peuvent-elles venir, et comment pourrait-on le mieux s'y opposer?


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CADRE STRATÉGIQUE

Le principe de la sécurité dans le contexte de la région du Golfe est conditionné par l'histoire et se révèle culturellement spécifique. Les forces géopolitiques de l'Asie du sud-est, au dix-neuvième et au vingtième siècle, résultent essentiellement des relations entre les puissances locales riveraines du Golfe, qui étaient géographiquement isolées, les puissances régionales regroupées à Bagdad, Riyad et Téhéran, et les puissances internationales comme l'Empire ottoman, l'Égypte, la France, l'Allemagne, la Russie et les États-Unis. Les événements historiques qui ont façonné la région au cours des dernières décennies ont entraîné l'abandon des perceptions traditionnelles tribales et semi-nomades en matière de sécurité au profit d'une conception associée à un monde plus développé, industrialisé et interdépendant. La réponse des dirigeants de la région n'a pas été et de loin à la mesure des besoins.

En 1819, Ibrahim Pacha, fils de Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, obéissant aux instruction du sultancalife ottoman d'Istanbul désireux de punir la maison de Saud pour ses déprédations à La Mecque et à Médine, a traversé la péninsule arabique à partir du Hedjaz. Il apportait des fusils et de l'argent pour acheter l'allégeance des tribus alliées des Saoudiens. Après six mois de massacres et de siège, ses soldats turco-égyptiens rasèrent la capitale saoudienne de Der'iya et contrôlèrent temporairement la stratégie impériale de la famille de Saud. « Pour la première fois dans l'histoire, le coeur de l'Arabie avait été envahi et conquis par une armée étrangère et les obusiers d'Ibrahim Pacha avaient donné une rude leçon à la maison de Saud : c'est ce qui devait arriver à une société primitive qui avait provoqué le courroux d'un adversaire doté d'une technologie supérieure » (Trad.) [Robert Lacey, The Kingdom : Arabia and the House of Sa'ud,New York : Avon 1981, p. 62].

Plus d'un siècle et demi plus tard, cette même technologie supérieure a été utilisée, là encore essentiellement par des étrangers, pour sauver les possessions de ceux qui ont été parfois alliés des Saoudiens, ou confédérés avec eux, les Sabahs du Koweït, et assurer la souveraineté de l'Arabie saoudite elle-même en tant qu'État et nation. Dans l'intervalle, les concepts de sécurité et d'avantage stratégique n'ont pas été modifiés en soi, il y a quand même eu un énorme changement dans l'équilibre des facteurs pris en compte dans les prévisions locales, notamment en ce qui a trait à la présence étrangère dans le Golfe et à son rôle éventuel dans le renforcement de la sécurité des populations.

Au niveau régional, la crise du Golfe de 1990 a été l'aboutissement d'un long processus d'impasses stratégiques et de fermentation au Moyen-Orient. Depuis le retrait des Européens et des Ottomans au début et vers le milieu de ce siècle et leur renonciation à la souveraineté sur cette région, les États nouvellement indépendants se sont révélés incapables d'arriver à un consensus sur les éléments indispensables à l'établissement d'une sécurité collective adéquate et sur la question d'importance plus vitale encore d'un pouvoir de décision légitime. Il serait difficile de trouver une preuve plus convaincante de ce manque de consensus que le conflit dévastateur de huit ans entre l'Irak et l'Iran.


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SÉCURITÉ DANS LE GOLFE AVANT LA CRISE

Au début des années 1970, la question de la sécurité dans le Golfe a été dominée par la rivalité entre l'Irak du Baath et l'Iran des Pahlavi et par leur querelle au sujet de leur frontière commune au milieu de la voie d'eau du Chatt el'Arab. La puissance montante de l'Iran, suivie par l'accession du shah au rôle de gendarme du Golfe, qu'il s'était lui-même attribué lorsque la Grande-Bretagne s'était retirée en 1971, avait inquiété les États arabes, d'autant plus que le shah était généreusement pourvu par l'administration Nixon de toutes sortes d'armements modernes. Cette inquiétude s'est trouvée particulièrement justifiée lorsque l'Iran a occupé en 1972 Abu-Mussa et les deux Tomb, trois petites îles du détroit d'Ormuz. Les Arabes ont encore éprouvé de réelles craintes au moment où l'Iran a conçu des desseins revanchistes contre Bahrein. En revanche, les Iraniens continuaient leur effort pour contrer l'insurrection du Dhofar. La querelle frontalière Iran-Irak ayant été apparemment réglée par l'Accord d'Alger de 1975, les craintes que les ambitions hégémoniques de l'Iran dans le Golfe avaient fait naître se sont quelque peu atténuées. La paix troublée du milieu des années 1970 a été rompue par la révolution islamique de 1978- 1979 en Iran.

De la guerre du Golfe, ils ont pu tirer une leçon, à savoir qu'une structure adéquate de sécurité collective peut permettre de prendre des dispositions pour parer à des menaces de source interne.

La révolution islamique d'Iran qui a fait perdre à ce pays, du moins temporairement, son rôle de puissance hégémonique dans la région du Golfe, a par ailleurs encouragé les dirigeants irakiens à rechercher les occasions d'assumer un rôle régional plus étendu aux dépens de l'Iran. En écrasant un régime islamique nouvellement établi et présumé vulnérable, l'Irak pouvait espérer remplacer l'Iran en tant que puissance dominante de la région, tout en se posant comme le rempart contre lequel buterait la vague chiite de l'intégrisme islamique. Ces hypothèses, qui ont amené Saddam Hussein à attaquer son voisin de l'est en septembre 1980 marquent le début d'une série de graves erreurs stratégiques commises par le chef irakien.

Dans le Golfe, la réponse des voisins arabes de l'Irak au conflit qui, à leur porte, allait en s'amplifiant, fut de créer le Conseil de coopération des états arabes du Golfe (CCG) le 25 mai 1981. Ce conseil se composait de six pays arabes de la péninsule arabique : Bahrein, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et les Émirats Arabes unis. Selon sa constitution, le CCG devait d'une part permettre une coopération économique, sociale et culturelle entre et parmi ses membres en même temps qu'une intégration et d'autre part établir une politique commune de sécurité pour protéger l'industrie pétrolière de la région. En dépit d'une discussion approfondie et d'une coopération certaine dans des domaines comme les systèmes conjoints de défense aérienne, et d'autres mesures collectives de sécurité supposées intégrées, le CCG, dans l'esprit des intéressés, a avant tout été créé pour parer à la menace d'un Iran militant. Sa raison d'être en tant que structure régionale de sécurité a donc été sérieusement compromise, en août 1990, lorsque sa viabilité a été pour la première fois mise à l'épreuve à l'occasion de l'attaque déclenchée contre l'un de ses membres par un autre pays arabe. Les États du CCG avaient généreusement soutenu l'Irak au cours de la longue et coûteuse guerre que ce pays avait menée contre l'Iran; encouragés par les Occidentaux eux-mêmes, ils avaient été portés pendant longtemps à considérer l'Irak comme un bouclier d'importance primordiale sur leur première ligne de défense. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, les dirigeants des États du Golfe ne s'attendaient pas à être si grossièrement trahis. De la guerre du Golfe, ils ont pu tirer une leçon, à savoir qu'une structure adéquate de sécurité collective peut permettre de prendre des dispositions pour parer à des menaces de source interne.


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APRÈS LA GUERRE, PERCEPTIONS DES EXIGENCES EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ DANS LE GOLFE

POINTS DE VUE DES ARABES

IRAK : Si l'on fait abstraction de son chef, l'Irak est naturellement partie à tout arrangement global de sécurité collective dans la région du Golfe. Sa puissance militaire et industrielle a été sensiblement amoindrie par la guerre, mais de nombreux observateurs craignent que si l'on autorise ce pays à rebâtir et à réapprovisionner ses arsenaux sans exiger de stricts contrôles, il n'en vienne à nouveau à menacer la sécurité régionale dans un avenir rapproché. L'effet punitif de la défaite semble bien loin d'avoir eu les résultats désirables. Les autorités irakiennes ont accepté les conditions relativement rigoureuses de l'armistice sans difficultés notables, mais elles ont rejeté l'idée de la présence d'une force des Nations unies pour maintenir des havres sûrs à l'intention des réfugiés kurdes au nord de l'Irak. De plus, il pourrait y avoir des problèmes en ce qui concerne la conformité aux exigences des Nations unies, notamment en ce qui concerne l'inspection obligatoire des installations de recherche nucléaire. Aussi longtemps que le gouvernement à l'origine de la crise se maintiendra, l'Irak restera la carte imprévisible du nouveau jeu. Quels que soient les accords que l'actuel gouvernement peut conclure, on ne pourra s'y fier tant que les parties signataires n'auront pas vu ce qu'il en résultera.

Sans un changement de régime en Irak, les voisins de ce pays ne se font aucune illusion sur leur sécurité. Déjà les anciennes attitudes teintées d'inimitié et d'antagonisme refont surface dans le langage utilisé par les médias officiels lorsqu'ils abordent le sujet des relations avec l'Iran. Quant aux dirigeants iraniens, ils se méfieront des intentions de l'Irak tant que Bagdad n'aura pas remplacé le régime du parti baassiste par un autre gouvernement, de préférence dominé par les chiites, et non pro-occidental. La plupart des voisins arabes de l'Irak trouveront difficile de faire entière confiance à leur frère arabe à moins qu'un nouveau chef ne prenne le pouvoir et n'efface tous les vestiges de l'ère de Saddam.

D'après la tendance d'après-guerre dans les cercles arabes,...ils doivent renforcer le CCG...

CCG (Koweït, Arabie Saoudite, Oman, Bahrein, Qatar, Émirats arabes unis): le CCG, et surtout son membre le plus influent, l'Arabie saoudite, ont vu dans l'agression contre le Koweït une agression contre tous les États membres et l'aide extérieure a d'abord été sollicitée pour protéger ces derniers d'un sort semblable. Même collectivement, ces États n'avaient pas une population suffisante ni le potentiel industriel nécessaire pour contrebalancer la puissance réelle de l'Irak ou de l'Iran. D'après les critiques régionaux, l'approche du CCG, lorsqu'il traite du problème de la sécurité est un peu trop proche de la « mentalité concierge (bawwab) », qui veut que face à un problème difficile à résoudre, comme l'entrée d'un intrus agressif, on appelle le propriétaire. Préoccupés par le contrôle et la gestion de leur argent, les dirigeants des pays du Golfe ne se sont pas suffisamment intéressés à la sécurité et se sont contentés de payer d'autres parties pour les protéger en cas d'urgence.

La tentative d'annexion du Koweït a été un rude coup pour le système interétatif arabe, mais son effet s'est révélé encore plus nocif pour le CCG dans la mesure où elle a démontré l'incompétence en tant que système valable de sécurité dans la région. Pour les observateurs de l'extérieur, la guerre du Golfe semble avoir discrédité le CCG qui n'apparaît plus comme un instrument utile à la sécurité de la région. Néanmoins, d'après la tendance d'après-guerre dans les cercles arabes, tout porte à croire que les membres de l'organisme sont portés à juger qu'en l'absence d'un autre mécanisme, ils doivent le renforcer et remanier sa constitution plutôt que de s'en débarrasser et de le remplacer. Dans plusieurs capitales arabes, ont tient aussi à faire revivre le Conseil de coopération arabe (CCA-incluant l'Irak, l'Égypte, La Jordanie et l'Yemen), qui a été suspendu, d'abord en tant que groupement économique, mais aussi en vue d'en revenir à l'intention originale qui était d'établir un pacte de défense conjoint.

Les États du CCG se sont rencontrés à Riyad les 3 et 4 mars, juste après la fin de la guerre, puis se sont retrouvés à Damas où les six, avec l'Égypte et la Syrie, ont pris des décisions historiques pour former une force arabe de sécurité et de maintien de la paix dans la région. L'Égypte et la Syrie qui fourniraient le gros des soldats recevraient en contrepartie une aide économique. Deux mois plus tard, le 5 mai, les ministres des Affaires étrangères du CCG se sont à nouveau rencontrés, cette fois au Koweït libéré, pour étudier de nouvelles dispositions concernant la sécurité dans la région, les nouveaux faits en rapport avec la question palestinienne et la coopération CCG-Europe. Les discours d'ouverture ont été l'occasion d'auto-examens rigoureux et d'un étalage de franchise inhabituel. Président de la rencontre, le représentant du Qatar s'est montré d'avis que la crise « avait clairement révélé des failles dans nos systèmes de défense et de sécurité. Ceci, a-t-il ajouté, nous invite à travailler pour renouveler ces systèmes et coordonner nos structures militaires. »

À cette extraordinaire réunion du CCG, plusieurs autres points de vue importants se sont fait jour. Le ministre des Affaires extérieures du Koweït a annoncé que la Déclaration de Damas devait être la base d'un nouvel essor de l'action arabe conjointe, point de vue qui a été ratifié par un grand nombre d'autres délégués. Le secrétaire général du CCG, Abdullah Bishara, a été plus loin encore en ajoutant que la déclaration était la base d'un « nouvel ordre arabe », puisque l'invasion du Koweït par l'Irak avait prouvé que la Ligue arabe des 21 nations était périmée. Il a également ajouté que les ministres des États du Golfe étaient encore d'accord sur la constitution d'une force de sécurité régionale qui inclurait des États comme l'Égypte et la Syrie, ne faisant pas géographiquement partie des États du Golfe, et qui pourrait déployer 150 000 soldats pour le maintien de la paix afin de dissuader toute future agression de la part de l'Irak. La même source a révélé que de larges contacts et des négociations avaient eu lieu intégration au dispositif de sécurité du Golfe. Un communiqué final a aussi insisté sur la nécessité pour les Nations unies de maintenir de sévères sanctions contre l'Irak jusqu'à ce que ce pays libère tous les prisonniers koweïtiens, accepte de payer des réparations de guerre et anéantisse toutes ses armes de destruction massive.

Pressé de donner des précisions sur les nouvelles dispositions de sécurité, le Secrétaire généra a déclaré aux journalistes que la sécurité dans le Golfe était avant tout une question qui regardait les Arabes, que les ministres n'avaient étudié aucun détail mais seulement des « lignes directrices et une structure »; ils n'avaient pas non plus traité de la présence de soldats occidentaux dans la région parce que cette question serait soulevée et examinée en profondeur avec le secrétaire à la Défense des É.-U. Dick Cheney, lequel serait en visite dans la région plus tard cette semaine. Dans un Commentaire plus révélateur, le Secrétaire général s'est dit convaincu que la stabilité et la tranquillité dans le Golfe n'étaient pas possibles sans la résolution du problème du Moyen-Orient. Lors d'une séance du 3 juin du CCG, le Conseil a confirmé son soutien au récent traité libano- syrien; en cette matière, il est donc carrément en désaccord avec Israël.

Bien que Bagdad ait condamné la « Déclaration de Damas » du 6 mars comme « un autre maillon dans la chaîne de conjurations contre le présent et l'avenir de la nation arabe », (Trad.) il a néanmoins envoyé des représentants aux premières réunions de la Ligue arabe depuis la fin de la guerre. C'est à ce titre que l'ancien ambassadeur irakien en Égypte a été renvoyé au Caire dans le courant du mois. En dépit des promesses de l'Irak de renforcer la solidarité arabe et d'ouvrir un nouveau chapitre dans les relations panarabes, la plupart des membres de la Ligue voudront voir des mesures positives et ne se contenteront pas de mots.

Pour le chef du gouvernement syrien, le fait de participer à la coalition alliée contre l'Irak dans le conflit du Golfe a été un jeu calculé. La décision a déjà été payante, cependant, du point de vue financier.


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SYRIE : Pour le chef du gouvernement syrien, le fait de participer à la coalition alliée contre l'Irak dans le conflit du Golfe a été un jeu calculé. Des années d'hostilité avec le gouvernement baassiste rival, à Bagdad, devaient logiquement aboutir à un tel choix, mais se joindre contre l'Irak républicain aux Arabes modérés, dans une coalition dirigée par les É.-U., a sans doute coûté à Hafez al-Asad une partie du crédit qu'il avait dans le camp des Arabes radicaux. La décision a déjà été payante, cependant, du point de vue financier. La position de la Syrie concernant la sécurité dans le Golfe se fonde sur les principes et objectifs de la Déclaration de Damas, mais les Syriens considèrent que la République islamique d'Iran a un rôle important à jouer dans le système régional. Les liens très forts qui se sont forgés entre l'Iran et la Syrie durant la guerre Iran-Irak peuvent amener le chef du gouvernement syrien à assumer des fonctions de médiateur entre les États arabes conservateurs de la péninsule et l'Iran. La Syrie et l'Iran sont également d'accord sur la nécessité de maintenir l'intégrité territoriale de l'Irak et d'obtenir de toutes les parties un plus grand effort pour établir dans la région une paix juste pour tous; or, il existe à présent une certaine tension entre la Syrie et les États du CCG. Ces derniers ont en effet accepté d'assister à la conférence régionale controversée sur la paix alors que la Syrie a récemment refusé de s'avancer davantage dans cette direction.

ÉGYPTE : Peu après la guerre, le chef du gouvernement égyptien, Husni Mubarak, a fait un discours a Caire où il a insisté sur le fait que seules les nations arabes devaient assure la sécurité afin de préserver la paix dans la région du Golfe. S'exprimant dans une langue choisie, il a déclaré qu'une « nouvelle aube » s'était levée et qu'il était temps pour les nations arabes de mettre de côté leurs différences et de contribuer à bâtir un nouvel ordre régional basé sur une sécurité mutuelle, la concurrence économique et les réformes démocratiques. Son conseiller personnel, Usama al- Baz, est même allé plus loin en refusant radicalement aux soldats américains de jouer un rôle quelconque dans la région. D'après lui, tout engagement d'une force étrangère de sécurité dans le Golfe, quelle qu'elle soit, serait nuisible et génératrice de désordre en plus d'être considérée sur le plan local comme une tentative américaine d'hégémonie.

La plupart des observateurs de la guerre du Golfe concluent que l'Égypte est sortie du conflit avec une bien meilleure position dans les cercles arabes. Pays arabe le plus peuplé, l'Égypte a fourni 36 000 soldats, soit le second plus grand déploiement de troupes après les États-Unis lors de l'opération Tempête du désert. Mais qui plus est, la présence de l'Égypte dans la coalition dirigée par les États-Unis a conféré à celle-ci la légitimité politique et la crédibilité dans les milieux arabes et islamiques. Après la Déclaration de Damas, il était notoirement admis que des milliers de soldats égyptiens, de même que des Syriens, resteraient au Koweït et en Arabie Saoudite. Ils devaient constituer le noyau d'une force arabe permanente de défense dans le Golfe. Or, le 8 mai, le président Mubarak annonçait que toutes les forces égyptiennes seraient retirées du Koweït et de l'Arabie Saoudite, ce qui dénotait une apparente fissure dans ce qui avait été appelé l'axe Le Caire - Damas - Ryiad pendant la crise du Golfe.

POINTS DE VUE IRANIENS

La position des dirigeants de la République islamique sur la sécurité dans la région du Golfe date d'avant la récente guerre. Les Iraniens pensent que la sécurité est l'affaire des États côtiers du Golfe et de personne d'autre; c'est à eux de l'assurer, non à des étrangers. L'expérience de la crise du Golfe n'a fait que les confirmer dans leur opinion que les dispositions concernant la sécurité ne relèvent que de huit États : les six membres du CCG, l'Irak et l'Iran. Dans une séance d'information à Wellington, le 20 mai, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbor Velayati, a dit espérer que la nouvelle organisation garantirait l'indépendance et la souveraineté territoriale des divers pays de la région, empêcherait la constitution de stocks d'armement classique de même que d'armes nucléaires, chimiques et biologiques, et réduirait, à défaut de supprimer complètement, la nécessité de la présence de puissances étrangères. « L'Iran, comme le plus grand pays de la région du Golfe...croit que sans la coopération mutuelle de tous les pays de la région, aucun système de sécurité ne pourra être établi ». (Trad.) Les deux conditions préalables minimums que l'Iran jugerait indispensables à la sécurité seraient un changement de régime en Irak et le retrait complet des forces étrangères.

POINTS DE VUE D'ISRAËL

Israël a poussé un soupir de soulagement devant les résultats de la guerre du Golfe et la mise hors de combat de l'un de ses adversaires les plus virulents dans cette région. Israël craint quelque peu toutes nouvelles dispositions concernant la sécurité dans le Golfe qui entraîneraient une coalition des forces arabes, y compris l'Irak, que ce pays soit ou non dirigé par Saddam Hussein, et son autre ennemi déclaré, la République islamique.

Les Israéliens sont déjà conscients qu'une grande partie des fonds ont été consacrés à l'acquisition d'armes.

Tant que la nouvelle organisation de la sécurité dans le Golfe visait à établir la stabilité dans la région et n'était pas dirigée contre Israël, on pouvait espérer que ce pays lui donnerait officieusement sa bénédiction. Outre l'inquiétude, de nature plus générale, qu'ils ressentent à l'idée que l'argument « rattachement » ne soit utilisé pour faire pression sur Israël et l'obliger à échanger des territoires contre une promesse de paix, les dirigeants israéliens redoutent encore et avant tout que les pays arabes, tirant les leçons de la guerre, ne cherchent à acheter de grandes quantités d'armes pour réapprovisionner leurs arsenaux et en acquièrent de nouvelles au fur et à mesure que celles-ci seront mises au point par la technologie occidentale. Les Israéliens sont déjà conscients qu'une grande partie des fonds accordés à la Syrie en compensation de son rôle dans la coalition anti-irakienne ont été consacrés à l'acquisition d'armes ou investis dans l'amélioration de la capacité opérationnelle de l'armée.

POINTS DE VUE OCCIDENTAUX

Durant la crise du Golfe et la guerre entreprise pour sortie de l'impasse, le gouvernement des É.- U., en tant que chef de la coalition, a souvent été accusé de n'avoir aucun plan prêt pour l'après- guerre en vue d'assurer la stabilité et la sécurité dans la région du Golfe. Depuis la fin de la guerre, on a eu quelques éclaircissements sur les buts des É.-U. L'idée générale serait de laisser en permanence une flotte de guerre dans le Golfe et de stocker du matériel et des armes en plusieurs lieux stratégiques de la région dans le cadre d'une participation accrue à une force de maintien de la paix et de dissuasion à long terme. Les É.-U. souhaiteraient aussi obtenir une base aérienne dans la région mais, jusqu'ici, aucun accord n'a pu être conclu quant à l'emplacement où les avions pourraient être tenus en réserve. Bien que les Koweïtiens, d'après ce qui a été dit, aient demandé une base permanente pour les soldats américains, la plupart des gouvernements arabes et le gouvernement américain lui-même y sont opposés. En plus du stockage d'une énorme quantité d'armes en Israël, les lieux qui, vraisemblablement, conviendraient le mieux à la mise en réserve de matériel américain dans la région sont le Koweït et les Émirats arabes unis et, pour les forces navales, Bahrein.

Au cours d'une visite de quatre jours dans le Golfe, à partir du 6 mai, le Secrétaire américain à la Défense Richard B. Cheney s'est entretenu directement, mais séparément avec les chefs des États du CCG pour poser les fondements d'une nouvelle organisation de la sécurité. Bien qu'il ait déclaré avoir constaté que de nombreux gouvernements témoignaient d'une volonté de collaborer plus évidente qu'auparavant en ce qui concerne l'établissement d'un système de sécurité, un rédacteur du Los Angeles Times (10 mai 1991), télégraphiant de Riyad, a annoncé qu'aucun des six pays visités par M. Cheney n'avait ouvertement accepté une seule des dispositions qu'il était venu discuter. Même si, après leur victoire su l'Irak, les États-Unis semblent revêtus d'un nouveau prestige dans la région, il sera politiquement difficile de parvenir à de nouveaux accords; cela ne se fera pas sans compromis, reculs et déconvenues et la démarche nécessitera des mois de fastidieuses négociations. Quels que soient les accords finalement conclus, le détail en restera probablement secret.


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PERSPECTIVE

Où tout cela nous mène-t-il? À plusieurs dilemmes évidents. En raison de ses nombreuses contradictions internes, une organisation de défense mutuelle chargée d'assurer la sécurité dans le Golfe après la guerre ne saurait être mise sur pied avant des mois. L'un des premiers points d'achoppement de la nouvelle organisation sera la question controversée du droit à l'adhésion; qui est légitimement intéressé à la sécurité dans le Golfe, et, par conséquent, habilité à participer? Le point de vue iranien, selon lequel seuls les États côtiers peuvent être appelés à participer à cette organisation exclut deux pays, l'Égypte et la Syrie (pays proche de l'Iran), qui ne sont pas des États du Golfe mais qui ont joué un rôle majeur dans la coalition pour libérer le Koweït, avec lequel ils entretenaient des liens étroits d'amitié. Le réflexe idéologique de ces pays contre une présence étrangère dans la région s'est évanoui devant le rôle assumé par les États-Unis dans la guerre et la réalité voulant que le Golfe soit considéré comme une voie d'eau internationale. Étant donné son gouvernement actuel, l'Iran pourrait-il accepte de jouer un rôle dans un système local de sécurité incluant aussi des forces américaines? On en revient également à l'éternelle question : Les Arabes du Golfe veulent-ils réellement que d'autres soldats arabes soient basés sur leurs territoires respectifs pour les défendre, ou préfèrent-ils des étrangers aux yeux bleus et à la peau claire? Croient-ils qu'advenant un autre cas de vie ou de mort, la seule véritable libération ne peut venir que de l'Amérique? Qu'y a-t-il de vrai derrière les déclarations publiques des dirigeants des pays du Golfe?

L'autre problème fondamental auquel on se heurte pour définir la sécurité dans le Golfe est posé par la grande question des menaces et de leur origine? Quels sont les ennemis réels et les ennemis en puissance et quand pourraient-ils se manifester? Pour l'Iran et les États du CCG, un Irak toujours gouverné par Saddam demeure une réelle menace ; il agira probablement dès qu'il se sentira de nouveau assez fort; certains des États du Golfe, mais certainement pas tous, émettent des réserves ou ont des doutes quant aux intentions ultimes de l'Iran. Ses dirigeants islamiques actuels ont-ils vraiment abandonné toutes leurs ambitions hégémoniques dans le Golfe et ont-ils opté pour la défense mutuelle dans le cadre de la coopération? Si l'on exclut un retour à l'ancien régime d'avant la perestroïka, l'Union soviétique n'est plus à l'heure actuelle et ne paraît pas devoir être dans l'avenir une menace pour la région du Golfe, comme on a pu le croire à un moment donné. Pour l'Iran et certains des États arabes les plus radicaux, une présence militaire permanente des États-Unis dans le Golfe continuera d'apparaître comme un compromis indésirable, une atteinte au droit qu'ils revendiquent de gérer eux-mêmes la sécurité dans la région. Mais dans l'arène plus vaste du Moyen-Orient, la source de danger la plus évidente pour de nombreux États arabes, surtout pour l'Irak, qui a déjà senti son aiguillon, est Israël. Sans un règlement complet des querelles entre Arabes et Israéliens et Palestiniens, tout système de sécurité dans le Golfe sera, au mieux, provisoire et fragile.


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